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Trente ans après le référendum de 1995 : le Québec, le Canada et la question nationale

27 octobre 2025
  • Positions nuancées sur la souveraineté : Environ un tiers des Québécois francophones se disent principalement souverainistes, un autre tiers principalement fédéralistes. La majorité des Québécois francophones (52 %) se situe soit entre les deux, soit elle ne se reconnaît dans aucune des deux catégories.
  • La souveraineté, une idée en déclin : Une majorité croissante de Québécois considèrent que la souveraineté est une idée dépassée. La proportion en accord avec cet énoncé est passée de 51 % l’an dernier à 55 % en 2025. Ce constat ne varie pas d’un groupe d’âge à l’autre.
  • Le Québec dans le Canada : De la même manière, 70 % des Québécois pensent que le Québec restera au sein du Canada contre seulement 18 % qui pensent qu’il sera un jour indépendant. Ces proportions sont similaires à celles observées lorsqu’on pose la question aux Canadiens dans le reste du pays.
  • À l’extérieur du Québec : La perspective d’un Québec souverain émeut moins qu’en l’an Les Canadiens dans le reste du pays seraient moins fâchés, inquiets, blessés et tristes par la souveraineté du Québec, et surtout, elle les dérangerait moins qu’en 2000.
  • Contribution du Québec : Un grand nombre de répondants dans toutes les provinces estime que le Québec ne contribue pas à sa juste part au pays, un sentiment plus fort aux extrémités du pays, soit dans l’Ouest, à Terre-Neuve et au Labrador.
  • Représentation politique : Les Québécois sont plus nombreux à considérer que leur gouvernement provincial est celui qui représente le mieux leurs intérêts. Cette proportion s’élève à 39 % comparativement à 33 % dans le reste du pays. Cependant, au Québec, cette proportion est en baisse après un sommet de 54 % durant la pandémie en 2021.
  • Fédéralisme perçu comme bénéfique: Une majorité relative (47 %) de Québécois jugent que le fédéralisme offre plus d’avantages que d’inconvénients pour la province, une hausse de 5 % par rapport à 2024. Sur cette question, les Québécois et les Canadiens dans le reste du pays se ressemblent de plus en plus, entre autres parce que la proportion qui trouve que le fédéralisme a plus d’avantage a diminué.
  • Pas une juste part: À cet égard, la proportion de Québécois qui est d’avis que la province ne reçoit pas sa juste part de financement fédéral est en constante croissance depuis 2022, elle est passée de 33 % à 46 % en 2025.
  • Forte inquiétude pour la langue française: Plus de sept Québécois francophones sur dix estiment que le français est menacé au Québec. Cette proportion est restée presque inchangée depuis le début de nos sondages annuels en 2019 et beaucoup plus élevée qu’elle ne l’était dans les années 1990 et 2000.

À moins d’un an de la prochaine élection québécoise, les sondages laissent entrevoir la possibilité que le Parti québécois (PQ) forme un gouvernement majoritaire. Son chef, Paul St-Pierre Plamondon, s’est engagé à tenir un référendum sur la souveraineté dès un premier mandat, faisant renaître un débat qui semblait avoir perdu de son intensité au cours des deux dernières décennies.

Trente ans après le référendum de 1995, le Québec et le Canada ont connu d’importantes transformations : changements démographiques, réalignements politiques, évolution des identités régionales et nationales, et de nouvelles sources de tension entre Ottawa et les provinces. À travers ces bouleversements, la question nationale québécoise a souvent été reléguée au second plan, laissant place à d’autres priorités, comme la santé, l’environnement et l’économie.

Pourtant, plusieurs enjeux propres au Québec demeurent au cœur des relations fédérales-provinciales : la répartition des pouvoirs et des ressources financières, la représentation politique et la vitalité de la langue française. Le reste du pays semble observer l’évolution de la situation au Québec avec un mélange de résignation et d’indifférence, contrastant fortement avec les émotions vives ayant marqué les périodes où ont eu lieu les deux référendums.

C’est dans ce contexte que le sondage annuel de la Confédération de demain prend tout son sens. Ce rapport examine l’évolution des attitudes des Québécois à l’égard de la souveraineté, du fédéralisme et de l’avenir du Québec au sein du Canada, ainsi que le regard que porte le reste du pays sur la possibilité que le Québec devienne un jour souverain.

Charles Breton

Directeur

Centre d’excellence sur la fédération canadienne

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À propos du Centre d’excellence sur la fédération canadienne

Le Centre d’excellence sur la fédération canadienne est une initiative de recherche permanente de l’IRPP qui a pour objectif d’approfondir la compréhension du Canada en tant que communauté fédérale.

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