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De l’exclusion à la prospérité partagée : le rôle incontournable des Premières Nations pour l’avenir économique du Canada

Maryse Picard
par Maryse Picard 22 octobre 2025

INTRODUCTION

En 2025, le Canada fait face à une série de bouleversements économiques majeurs. L’imposition de droits de douane par les États-Unis, dans la foulée des décisions unilatérales du président Donald Trump, a rappelé avec violence à quel point notre économie demeure vulnérable aux aléas de la politique étrangère. Cette secousse tout comme les leçons de la pandémie de COVID-19 nous obligent à revoir nos façons de faire, à renforcer notre autonomie et à bâtir une économie plus résiliente et moins dépendante de nos partenaires extérieurs.

Devant ces défis, les gouvernements provinciaux et territoriaux ont entrepris de réduire les barrières au commerce interprovincial et de multiplier les alliances pour créer un marché intérieur plus solide. Toutefois, une voix demeure trop souvent écartée de ces discussions : celle des Premières Nations. Pourtant, leur apport économique, leur savoir-faire, leur force démographique et leur vision du développement durable constituent des atouts stratégiques pour l’avenir du pays.

Reconnaître les Premières Nations comme partenaires à part entière n’est pas une option : c’est une nécessité. Leur histoire, marquée par la résilience et la créativité en dépit des contraintes imposées par le colonialisme et la Loi sur les Indiens, démontre leur capacité à contribuer de manière importante au développement économique. En misant sur leur participation active, le Canada a l’occasion de transformer une crise en levier, et de bâtir un modèle économique plus inclusif, plus équitable et surtout plus solide.

Le présent texte montre que la réconciliation économique entre les peuples autochtones et la société canadienne est une composante incontournable d’un réel développement du commerce intérieur. Nous mettrons en lumière l’importance de reconnaître les Premières Nations pour ce qu’elles sont : des partenaires à part entière dans le développement du pays depuis sa fondation. Nous nous pencherons sur certains défis structurels persistants et sur l’apport des Autochtones au développement du pays, tant par leur expertise que par leur vision du territoire et du développement durable. Nous sommes d’avis que l’avenir économique du Canada ne peut se construire sans la pleine participation des Autochtones, qui passe par une transformation des relations économiques fondée sur le respect, l’autonomie et l’intégration des savoirs.

De la dépendance à l’autonomie : repenser les partenariats économiques

Les défis économiques du Canada sont une priorité pour tous ses citoyens, particulièrement depuis le début de l’année 2025. Après la surprise et l’instabilité, tous s’entendent sur l’importance de réduire notre dépendance au marché américain et de repenser nos façons de commercer à l’intérieur du pays. L’objectif est clair : accroître notre autonomie, limiter notre recours aux importations et poursuivre nos efforts pour augmenter la richesse collective. La pandémie avait déjà partiellement eu cet effet, en nous contraignant à agir de l’intérieur afin de freiner la propagation du virus en raison de la fermeture des frontières entre les pays.

La population canadienne, tout comme ses politiciens et analystes économiques, s’interroge désormais : comment répondre aux mesures américaines tout en diminuant notre dépendance face à eux ? L’une des solutions avancées est la levée des barrières au commerce interprovincial. Or, l’Institut économique de Montréal, qui suit l’évolution de l’Accord de libre-échange canadien (ALEC) depuis 2019, constate peu de progrès entre l’Accord sur le commerce intérieur de 1995 et l’ALEC de 2017. Les monopoles, règles, normes, certifications et autres règlements constituent encore des freins majeurs, équivalant à un droit de douane moyen de 6,9 % (Statistiques Canada, 2017). Toutefois, depuis quelques mois, les provinces et territoires semblent déterminés à réduire rapidement le nombre d’exemptions au commerce.

Alors que les premiers ministres canadiens nouent des alliances inattendues et se rencontrent régulièrement pour renforcer notre solidarité économique, défendre les particularités provinciales et réduire les exemptions initialement établies, aucun d’eux ne pense à inclure les dirigeants des Premières Nations dans ces discussions (Carter, 2025). Or, ceux-ci détiennent une part essentielle des solutions pour répondre aux besoins des Canadiens et stimuler l’économie du pays. Comme tous les autres citoyens, les membres des Premières Nations aspirent à l’autonomie économique, une étape clé vers l’autonomie gouvernementale et la maîtrise de leur avenir (Cantin, 2025). Déjà, ils agissent concrètement pour atteindre ces objectifs et prendre en main leur destinée. Malgré des ressources limitées, de nombreuses nations autochtones déploient divers efforts pour générer des revenus de manière autonome. Ces dernières années, plusieurs communautés du Québec se sont illustrées en établissant des partenariats stratégiques dans le secteur des énergies renouvelables, notamment par le développement de projets éoliens.

La force sous-estimée des Premières Nations

À plusieurs reprises dans l’histoire du Canada, la force tranquille, résiliente et sage des Premières Nations leur a permis de mener de nombreuses luttes politiques, économiques, territoriales, culturelles et linguistiques. À la recherche d’égalité, de respect, de reconnaissance et d’une réconciliation leur permettant éventuellement d’atteindre l’autonomie économique, elles agissent d’abord pour leurs communautés, tout en étant prêtes à s’engager aux côtés des Canadiens lorsque l’intérêt collectif est en jeu. Les communautés autochtones savent que le bien-être de la population en générale influence directement celui de leurs membres.

Cette force, qui combine créativité, instinct, savoir-faire ancestral, capacité à négocier et esprit communautaire, se manifeste concrètement par la création d’entreprises répondant aux besoins locaux de leurs populations. De plus, leur démographie, plus jeune que celle du reste du Canada, représente une importante réserve de main-d’œuvre pouvant contribuer à atténuer la pénurie actuelle. Déjà en 2018, Ghislain Picard, alors chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, avait déclaré en entrevue lors du Sommet des maires et chefs des Premières Nations tenu à Montréal : « La solution numéro un, c’est l’immigration, et je suis complètement abasourdi d’entendre ça, alors qu’au Québec, les [Autochtones de] 25 ans et moins représentent parfois 50 % d’une population. Pourquoi on ne pourrait pas regarder vers là ? » (Radio-Canada, 2018). Avec un taux d’activité plus faible (57,6 %) que celui des allochtones (63,7 %) et une population plus jeune, les travailleurs des Premières Nations gagneraient à être mieux intégrés au marché du travail, autant dans une démarche de réconciliation que pour réduire l’exclusion de ces populations (Statistique Canada, 2025; Institut du Québec, 2021).

Dans sa quête d’autonomie économique, le Canada est ainsi poussé à revoir ses méthodes, à développer une économie moins dépendante des importations, à valoriser ses propres matières premières et à favoriser l’exportation vers l’Europe et d’autres marchés, tout en renforçant l’esprit d’entraide communautaire. Cette prise de conscience devrait amener provinces et territoires à reconnaître pleinement le rôle des peuples autochtones et à les inclure comme acteurs clés de la nouvelle économie canadienne.

Quand l’histoire voile la contribution des Premières Nations

Les Autochtones, leurs luttes passées et présentes, leurs aspirations et leurs valeurs encore largement ignorées par la majorité de la population peuvent servir d’inspiration et de modèle pour tous. Malheureusement, la version dominante de l’histoire canadienne les dépeint souvent comme des peuples dépourvus d’organisation sociale, une vision qui reflète le racisme systémique ayant marqué les récits historiques.

Pourtant, le véritable récit des Premières Nations au Canada, ainsi que leur contribution essentielle à la survie des Européens et au développement du pays sur plusieurs siècles, reste largement méconnu. Une seule version de l’histoire est enseignée et diffusée : celle du peuple dominant, embellie et harmonisée. Par conséquent, la réalité des peuples autochtones, qui souffrent du colonialisme et du racisme institutionnel depuis des siècles, est occultée et rarement transmise aux allochtones de manière transparente et fidèle.

Les premières activités commerciales en Amérique remonteraient au moins à 6 000 ans (EDUTIC, s. d.). Les occupants du territoire pratiquaient un commerce basé sur le partage de la richesse du terroir. Le commerce était axé sur les activités de récolte des ressources par la chasse, la pêche, la cueillette et l’agriculture. Les surplus étaient offerts en échange avec les autres nations contre des objets rares ou étrangers dans leur région d’origine. Par exemple, les Iroquoiens du Saint-Laurent, sédentaires et cultivateurs, échangeaient leurs surplus agricoles contre des fourrures provenant de peuples nomades, comme les Algonquins. Plus l’objet venait de loin, plus il était rare, plus il prenait de la valeur. Très important, ce troc — comme il était souvent appelé — apportait aussi le prestige et l’établissement, voire la consolidation d’alliances entre les nations.

La contribution des Autochtones à l’économie canadienne, particulièrement au cours des dernières décennies, a été largement négligée par les allochtones. Bien avant l’arrivée des Européens, les sociétés autochtones évoluaient dans un système structuré, fondé sur des relations internationales durables, où le commerce occupait une place centrale et s’inscrivait dans un mode de vie empreint de démocratie (Défense nationale, 2018). Les premiers contacts avec les Européens, qui étaient animés par une passion démesurée pour les fourrures du nord-est du continent, ont profondément bouleversé les règles commerciales autochtones, rompant de nombreux équilibres pacifiques et engendrant des conflits entre nations qui n’avaient jamais existé auparavant. Cette demande immense de fourrures par les Français, puis par des compagnies britanniques et américaines après la guerre de Sept Ans, a également mené à la surexploitation du castor, une ressource unique, allant à l’encontre des principes de préservation et d’harmonie avec la faune, si essentiels aux Premiers Peuples.

Les échanges économiques entre les Autochtones et les nouveaux arrivants ont progressivement altéré les relations autrefois diplomatiques et respectueuses entre les nations autochtones, engendrant des tensions marquées par la quête de pouvoir et l’usage de la force. Cette dynamique a fragilisé la vitalité économique et sociale des peuples autochtones, creusant un fossé toujours plus profond entre les communautés. Bien que le gouvernement canadien ait entrepris des démarches de réconciliation au cours des deux dernières décennies, notamment par le biais de la Commission vérité et réconciliation, cet écart demeure : les Autochtones restent largement marginalisés dans le récit contemporain de l’histoire.

Aujourd’hui, l’essor économique des Premières Nations et tous les efforts que les principaux intéressés et les gouvernements ont faits pour encourager le renforcement de leur économie dans les dernières années se heurtent à un ennemi de taille : la Loi sur les Indiens (L.R.C. [1985], ch. I-5). Bien qu’elle ne soit pas considérée comme une loi génocidaire, elle a été conçue comme une réponse à l’assimilation des Premières Nations par la destruction de la culture (Société historique du Canada, s. d.; L’Encyclopédie canadienne, 2022).  Elle est toujours en vigueur, et ce, en dépit de l’adoption de la Loi sur la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (L.C. 2021, ch. 14) qui souligne l’importance de reconnaître l’autodétermination des nations autochtones par le gouvernement fédéral. Cette nouvelle loi est muette concernant le sort de la Loi sur les indiens, bien que cette dernière soit un obstacle majeur à la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, entre autres, en conférant au ministre un pouvoir supérieur à celui des conseils de bande, limitant leur autonomie décisionnelle.

La Loi sur les Indiens : analyse de ses impacts historiques et contemporains sur le commerce

La Loi sur les Indiens constitue l’un des piliers les plus controversés de l’histoire législative canadienne en matière de relations avec les Premiers Peuples. Adoptée dans un contexte colonial, elle a profondément influencé les dynamiques sociales, économiques et culturelles des Autochtones au Canada. Son objectif initial n’était surtout pas de reconnaître ou de valoriser les cultures autochtones, mais au mieux de les assimiler dans la société dominante, avec ses valeurs, sa culture et ses normes distinctes, et au pire de les mettre tout simplement à l’écart de la société. Considérer les origines, les effets et les évolutions de cette loi permet de mettre en lumière les efforts de résilience et de revitalisation des communautés autochtones.

En vertu de la Loi constitutionnelle de 1867 (30 & 31 Victoria, ch. 3 [R.-U.]), le Parlement fédéral s’est vu attribuer la compétence législative sur les « Indiens et les terres qui leur sont réservées ». C’est dans ce cadre que les élus ont adopté, en 1876, la toute première Loi sur les Indiens.

En 1884, le Parlement canadien a renforcé cette politique d’assimilation en modifiant la loi pour interdire la pratique du potlatch, une cérémonie essentielle fondée sur l’échange et la redistribution des richesses. Ces rassemblements faisaient partie des coutumes depuis des siècles et permettaient non seulement de réguler les activités commerciales, mais aussi de définir les statuts sociaux, les droits territoriaux et les responsabilités politiques au sein des clans. Leur interdiction a entraîné des répercussions profondes sur les structures politiques et économiques des Premières Nations, en les privant de leurs mécanismes traditionnels d’organisation sociale et d’échange entre nations.

Par l’instauration de terres de réserve pour y installer les Autochtones, le gouvernement du Canada les a privés de leurs pratiques commerciales, de leurs traditions culturelles et les a isolés des centres urbains. Progressivement, les Autochtones ont été exclus du développement économique du pays, devenant dépendants de l’État canadien (Commission Viens, 2019).

Bien que la Loi sur les Indiens soit toujours en vigueur, sa révision en 1951 a permis de retirer les articles concernant les interdictions de pratique d’activités culturelles, ce qui a permis aux Autochtones de se réapproprier petit à petit leurs savoirs ancestraux et traditionnels. L’intérêt des allochtones pour l’art et la culture et le bénéfice de l’apprentissage et du partage des connaissances des peuples autochtones pour la chasse et la pêche a fait en sorte que l’industrie du tourisme s’est développée dans les régions plus éloignées et a été à l’origine des balbutiements de la reprise économique dans plusieurs communautés (Iankova, 2011).

Un exemple emblématique de cette résilience est la fondation d’Air Inuit en 1978. Cette entreprise, toujours active près de 50 ans plus tard, dessert les 14 villages du Nunavik (Nord-du-Québec) avec des liaisons aériennes depuis Montréal, Québec et Sept-Îles. En 2025, Air Inuit exploitait 35 aéronefs et employait plus de 200 pilotes dont environ 10 % sont d’origine inuite (Bélanger, 2025). Au-delà du transport de passagers, l’entreprise joue un rôle crucial dans l’approvisionnement alimentaire, la sécurité publique, le transport de détenus et le fonctionnement de la cour itinérante dans les communautés nordiques.

L’évolution et la perspective du développement économique des Premières Nations et les entraves de la Loi sur les Indiens

En dépit des exemples de réussite en affaires, le développement économique des Premières Nations se heurte encore aujourd’hui aux contraintes imposées par la Loi sur les Indiens. Malgré certains assouplissements au fil des décennies, plusieurs dispositions discriminatoires demeurent en vigueur et freinent l’élan entrepreneurial des membres des Premières Nations, en particulier ceux vivant dans les réserves.

Dès sa mise en vigueur, la Loi sur les Indiens a réduit les Premières Nations au statut de « pupilles de l’État[1] ». Les communautés ont été privées de droits fondamentaux, délocalisées et forcées de s’entasser sur de petits territoires éloignés des centres économiques. Ces territoires, appelés réserves, les ont confinées et empêchées de pratiquer leurs activités traditionnelles de subsistance, de circuler librement sur le reste du territoire et de maintenir leurs réseaux commerciaux, ce qui a rapidement mené à des famines et à la perte de nombreuses vies humaines.

Encore aujourd’hui, les réserves sont régies par la Loi sur les Indiens : les terres appartiennent à la Couronne fédérale et sont mises de côté « pour l’usage et au profit » d’une bande indienne. Ce régime de propriété collective forcée empêche la pleine autonomie économique individuelle :

  • Les conseils de bande doivent prioriser les besoins résidentiels des familles, réduisant l’espace disponible pour les activités commerciales sur leurs territoires.
  • Même lorsqu’un terrain est destiné à un usage économique, il reste la propriété de la Couronne. Un entrepreneur ne peut pas l’utiliser comme garantie pour obtenir un prêt.
  • Les entreprises allochtones ne peuvent pas s’implanter dans les réserves, puisque l’usage doit profiter exclusivement à la bande ou à ses membres.

À ces obstacles s’ajoute l’article 89(1) de la loi, qui interdit la saisie des biens meubles et immeubles d’un Autochtone situés en réserve. Présentée comme une protection, cette disposition exclut en réalité les Autochtones des mécanismes de crédit traditionnels. Sans possibilité d’offrir une garantie, il leur est pratiquement impossible d’obtenir un prêt ou d’attirer des investisseurs.

Ainsi, la Loi sur les Indiens a non seulement détruit les systèmes économiques traditionnels des Premières Nations dès sa mise en place, mais elle continue aujourd’hui de priver leurs membres des outils financiers et fonciers nécessaires à leur autonomie. Ce système perpétue des inégalités profondes, encore trop souvent ignorées du grand public.

Économie en transformation : le rôle des entreprises autochtones

Contraintes par la loi mais guidées par des valeurs communautaires d’entraide, les entreprises autochtones se sont d’abord concentrées sur les besoins locaux : magasins de détail, stations-service, hôtels, services touristiques, construction ou encore entreprises à vocation communautaire.

Au fil des dernières décennies, ce tissu entrepreneurial s’est diversifié et renforcé. Les entreprises autochtones sont aujourd’hui présentes dans des secteurs aussi variés que l’exploitation minière, le transport, l’aviation, les services professionnels, les casinos, l’immobilier, la production de cannabis ou encore les grands complexes hôteliers.

Souvent implantées en régions éloignées, ces entreprises répondent d’abord aux besoins de leurs propres communautés. Elles contribuent à combler les « déserts économiques » des réserves en offrant des services de base. L’isolement des villages, qui complique l’approvisionnement en biens et en services, nourrit également le désir entrepreneurial, notamment sous forme de travail autonome, en hausse constante chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits (Conseil national de développement économique des Autochtones, 2024).

La taille et la diversité des entreprises autochtones sont plus grandes que ce que l’on croit. Les opérations annuelles représentent des milliards de dollars, elles comptent des milliers d’employés et ont un taux de croissance lié à l’augmentation de leurs revenus d’entreprise parmi les plus élevés au pays (Bélanger Baur, 2019). Plusieurs petites et moyennes entreprises (PME) de services, œuvrant dans l’alimentation, le transport, l’entretien, le déneigement, l’hébergement ou la restauration, assurent des emplois essentiels aux communautés et contribuent aussi aux activités des grandes multinationales exploitant les ressources naturelles sur les territoires.

Les entreprises autochtones se distinguent particulièrement dans les secteurs des arts, du divertissement et de la culture. Le succès d’APTN, premier télédiffuseur autochtone national lancé en 1999 et devenu un chef de file mondial, illustre la vitalité créative de cet entrepreneuriat.

Bien que les Autochtones représentent seulement 5 % de la population canadienne, leurs quelque 50 000 entreprises génèrent près de 49 milliards de dollars par an (Daly, 2023). Pourtant, elles restent minoritaires face à la domination des entreprises allochtones (Statistique Canada, 2022; Conseil canadien pour l’entreprise autochtone, 2025).

Les PME autochtones exportent moins que les autres, soit seulement 7,2 % de leur production comparativement à 12,1 % pour les entreprises allochtones (Conseil canadien pour l’entreprise autochtone, 2023). L’éloignement est un des premiers facteurs expliquant cet écart. Les entreprises installées dans des zones reculées voient leurs chances d’exporter réduites de 65 % (Bureau de l’économiste en chef, 2025). Heureusement, l’expansion du commerce en ligne augmente de six fois les possibilités d’exportation. Bien que les États-Unis fussent le marché de prédilection avant l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump, les entreprises autochtones, vu leurs liens particuliers avec les populations autochtones du Pacifique, ont créé naturellement des partenariats avec les entreprises autochtones de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (Gouvernement du Canada, 2024).

Il faut noter que les PME autochtones sont plus performantes que les PME canadiennes en matière de chiffre d’affaires et de croissance (Conseil national de développement économique des Autochtones, 2024). Malheureusement, la domination de l’économie canadienne se fait par les entreprises allochtones qui représentent 98,68 % des entreprises privées. Aucun signe ne pointe vers une réduction de cet écart pour l’instant. Pourtant, les Premières Nations sont bien positionnées pour en faire plus.

Les études effectuées par le Conseil canadien pour l’entreprise autochtone (CCEA) montrent que les entrepreneurs autochtones sont motivés par le désir d’innover, de se développer et de tirer profit de leur entreprise, et que nombre d’entre eux s’investissent dans leur collectivité. Cependant, ils se heurtent aussi à des difficultés particulières en matière de croissance et de développement. (Conseil canadien pour l’entreprise autochtone, 2023)

Certes, les gouvernements du Canada et des provinces ont établi des programmes d’aide sous forme de prêts garantis ou de subventions dans l’objectif de soutenir la fibre entrepreneuriale chez les Premières Nations. Cependant, ces programmes sont dispersés dans différents ministères, agences, paliers gouvernementaux et sont mal connus des potentiels bénéficiaires. Il arrive assez souvent que certains critères excluent d’emblée un secteur d’activité ou certaines régions, dont le Nord. Un meilleur accès aux appels d’offres gouvernementaux pour les entreprises autochtones, notamment par le biais d’un système de pointage les favorisant, permettrait aux entreprises autochtones de se développer et de participer davantage à l’économie canadienne.

À première vue, tout semble en place pour que les Premières Nations participent pleinement au développement économique du Canada, mais cette impression est trompeuse : les obstacles structurels demeurent nombreux et limitent encore leur véritable potentiel. Malgré cela, les gouvernements comme les entreprises allochtones doivent fournir des efforts encore plus soutenus.

Déjà engagés dans leur propre développement économique, et contribuant de ce fait à celui de l’ensemble des Canadiens, les peuples autochtones demeurent motivés à participer à l’effort collectif pour bâtir un Canada plus inclusif et prospère.

Plaidoyer pour le respect des obligations constitutionnelles du Canada

Pour favoriser le développement économique des Premières Nations et leur permettre de participer à l’économie canadienne, il est essentiel que les gouvernements et les grandes entreprises prennent conscience de leur présence et de leur force et fassent les premiers pas vers des partenariats avec les entreprises autochtones.

Ce premier pas n’est pas qu’une simple option, c’est une obligation constitutionnelle. En effet, le chapitre huit de l’Accord de libre-échange canadien (ALEC) soutient que les tiers doivent, malgré les mesures prises pour éliminer les obstacles au commerce intérieur, s’acquitter de leurs obligations de traités avec les peuples autochtones, y compris les accords sur les revendications territoriales (ALEC, 2017).

Cette obligation de consultation n’est pas unique à l’ALEC. Elle est le résultat de décennies de jugements qui engagent l’honneur de la Couronne, un principe constitutionnel qui oblige les gouvernements à agir honorablement envers les peuples autochtones. La jurisprudence rappelle que l’étendue de la consultation requise dépend de la gravité des effets préjudiciables potentiels sur le droit ou le titre, selon cette jurisprudence.

Il est important de rappeler aux leaders politiques et commerciaux du pays qu’ils doivent s’acquitter de leur obligation envers les Autochtones en les impliquant dès maintenant dans les grands projets. Pour y arriver, les gouvernements se doivent de bâtir une relation de confiance durable, tout en favorisant le développement économique, social et culturel des Premières Nations dans le respect de leur autodétermination.

Force est de constater que le caractère évolutif du droit et les développements jurisprudentiels des dernières années ne suggèrent pas qu’il puisse y avoir des exceptions à cette obligation de consultations réelles et organisées dans le respect des valeurs et des expertises des Autochtones, que nous soyons ou non en temps de crise ou de guerre commerciale.

Développement économique et droits autochtones : une équation sous tension

Ces dernières années, les dirigeants des Premières Nations ont exprimé une opposition croissante face à l’application insuffisante des obligations constitutionnelles liées au respect des droits ancestraux et des droits issus de traités. La Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d’œuvre au Canada (L.C. 2025, ch. 2, art. 2) et la Loi visant à bâtir le Canada (L.C. 2025, ch. 2, art. 4) suscitent de vives inquiétudes parmi les leaders autochtones.

Cette contestation découle principalement de la volonté du gouvernement fédéral d’accélérer les projets d’infrastructure, souvent au détriment de son devoir de consultation et du respect des droits protégés. Trop souvent, les Premières Nations ne sont consultées qu’à la toute fin des processus décisionnels, ce qui entraîne des recours juridiques et des tensions persistantes.

Au-delà des enjeux juridiques, les préoccupations autochtones sont également environnementales et intergénérationnelles. Si les Premières Nations souhaitent participer activement au développement économique du pays, elles refusent que cela se fasse au prix de la dégradation de leurs territoires. Pour elles, l’autonomie financière est indissociable de l’autonomie gouvernementale. Toutefois, lorsqu’un choix s’impose entre croissance économique et préservation du territoire, c’est ce dernier qui l’emporte, car la protection de la terre pour les générations futures est une valeur profondément enracinée dans leur vision du monde.

Conclusion

Il est essentiel de garder à l’esprit cette toile de fond historique et ses ramifications passées et présentes, témoignant de relations inégales entre les gouvernements colonialistes fédéral et provinciaux et les peuples autochtones.

La réconciliation économique est importante pour favoriser des relations de respect mutuel entre les sociétés, les gouvernements et les Autochtones.

La nature multifactorielle des défis impose une pluralité de solutions. Une seule mesure ne saurait suffire à répondre à l’ensemble des enjeux constitutionnels et législatifs ou aux discriminations persistantes envers les Premières Nations.

Les Autochtones demeurent aujourd’hui les grands oubliés de nombreux débats et décisions, et les discussions entourant le commerce intérieur ne font pas exceptions. Pourtant, le rôle des communautés autochtones dans l’histoire du Canada, leur savoir-faire, leur connaissance du territoire et leur capacité de main-d’œuvre en font une force incontournable pour l’avenir économique du pays. Dans un contexte où la main-d’œuvre est devenue une ressource rare et précieuse, leur participation représente non seulement une solution, mais surtout une occasion favorable de bâtir une société plus forte et plus équitable.

Pour y parvenir, il est essentiel de sortir du modèle actuel, qui repose trop souvent sur des programmes gouvernementaux imposés. Les Premières Nations expriment clairement la volonté de s’émanciper de cette dépendance et de construire un développement économique autonome, pensé en fonction de leurs propres besoins, de leurs priorités et de leur vision. Autrement dit, il ne s’agit plus de leur offrir une place par obligation, mais de reconnaître leur rôle de partenaires à part entière.

Ces partenariats doivent être établis dès l’amorce des projets. Poursuivre dans l’ignorance des Premières Nations ou en les impliquant une fois les décisions déjà prises ou les projets déjà figés ne suffit plus. Il faut les impliquer dès les premières réflexions, lorsqu’il est question d’un potentiel projet, des territoires concernés ou d’un nouveau développement. C’est à ce moment-là que leur voix, leur expertise et leurs priorités doivent être intégrées.

Pour concrétiser cette collaboration, deux leviers sont essentiels : une meilleure communication et une meilleure connaissance. Il faut développer des stratégies claires pour aller à la rencontre des communautés, comprendre leur réalité, connaître leurs entreprises et les services qu’elles offrent. Il faut aussi centraliser les données sur l’offre autochtone, afin que les décideurs et les fonctionnaires puissent s’appuyer sur cette information pour bâtir leurs programmes, en partant non pas des contraintes administratives, mais des intentions et des priorités des Premières Nations.

En somme, l’avenir économique du Canada ne peut se construire sans les Autochtones. Les bénéfices sont nombreux et touchent tout le monde. Les Premières Nations peuvent contribuer à l’économie par leur main-d’œuvre, par leurs entreprises et leurs services, mais aussi par leur connaissance fine du territoire, par leur vision du développement durable et par leur capacité à bâtir des modèles différents.

Reconnaître leur place, valoriser leur contribution et créer de véritables partenariats fondés sur leurs besoins et leur vision, c’est non seulement réparer une longue histoire d’exclusion, mais aussi saisir l’occasion de bâtir un pays plus fort, plus inclusif et plus durable.

Comme l’a si bien dit le sénateur Paul Prosper : « Acheter autochtone, c’est acheter Canadien ! »


Note

[1] En droit canadien, le statut de pupille de l’État est historiquement le statut donné aux Autochtones qui se qualifient sous le statut d’Indien en vertu de la Loi sur les Indiens. Bien que le terme ne soit pas employé dans la loi elle-même, il existe une littérature juridique et historique abondante qui explique que l’objectif véritable du législateur fédéral quand il a adopté cette loi était de garder les Autochtones sous la tutelle du gouvernement fédéral en leur imposant différentes incapacités juridiques et en consacrant légalement leur dépendance économique envers l’État. Voir à ce sujet : L’Encyclopédie Canadienne, 2017.


RÉFÉRENCES

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Statistique Canada. (2022, 21 septembre). La population autochtone continue de croître et est beaucoup plus jeune que la population non autochtone, malgré un ralentissement de son rythme de croissance. Le Quotidien. Gouvernement du Canada. https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/220921/dq220921a-fra.htm?indid=32990-1&indgeo=0

Statistique Canada. (2025). Caractéristiques de la population active selon la région et le groupe autochtone détaillé, inactif. Tableau 14-10-0365-01. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1410036501

L’essai de Maître Maryse Picard souligne le peu de place laissée aux communautés autochtones dans les discussions entourant le commerce au Canada, et ce, en dépit de l’hétérogénéité des acteurs à la table. L’auteure soutient que le commerce interne au Canada ne peut réussir que s’il inclut réellement les communautés autochtones. Elle rappelle les effets néfastes de la colonisation ainsi que les contraintes induites par la Loi sur les Indiens sur les possibilités de commercer des Autochtones. Une discussion sérieuse sur le commerce interprovincial ne peut l’être qu’en abordant la question du développement économique des Premières Nations et des Inuit. Me Picard plaide pour que le commerce interprovincial ne fasse pas fi des obligations constitutionnelles du Canada à l’égard des communautés autochtones. Toute réflexion sur le commerce dans la fédération doit prendre en compte l’ensemble des parties prenantes.

Cet essai fait partie de la série Des barrières et des ponts : repenser le commerce au sein de la fédération, publiée sous la direction de Valérie Lapointe par le Centre d’excellence sur la fédération canadienne. Étienne Tremblay a effectué la révision linguistique et la coordination éditoriale. Thomas D.-Brousseau s’est chargé de la correction d’épreuves. La mise en pages a été faite par Chantal Létourneau et la conception graphique par Anne Tremblay.

Cet essai a été traduit en anglais et publié sur le site Web du Centre sous le titre From exclusion to shared prosperity: The vital role of First Nations in Canada’s economic future.

Mayse Picard est avocate chez Delegatus. Elle a auparavant agi comme directrice générale de la Nation huronne-wendat de 2021 à 2025 et a été directrice de cabinet pour le ministre des Affaires autochtones de 2018 à 2021, la première femme autochtone à occuper ce poste. Me Picard a une longue feuille de route au sein de la fonction publique québécoise. Durant son parcours, elle a participé à deux commissions d’enquête nationale, à titre d’experte pour celle portant sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec, puis comme avocate pour celle portant sur les femmes et les filles autochtones assassinées ou disparues.

Pour citer ce document :

Picard, Maryse. (2025). De l’exclusion à la prospérité partagée : le rôle incontournable des Premières Nations pour l’avenir économique du Canada. Institut de recherche en politiques publiques.


Les opinions exprimées dans cet essai sont celles de l’auteure et ne reflètent pas nécessairement celles de l’IRPP ou de son conseil d’administration.Si vous désirez obtenir de plus amples renseignements sur nos publications, veuillez nous contacter à l’adresse irpp@irpp.org. Pour recevoir l’infolettre mensuelle de l’IRPP par courriel, vous pouvez vous abonner directement sur le site Web à www.irpp.org/fr

llustrateur : Luc Melanson

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