Au-delà des grandes villes : encourager les immigrants à s’établir dans les régions rurales et éloignées
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L’évolution du paysage migratoire canadien |
| La politique d’immigration est au cœur de l’avenir de la fédération. Cette série examine les défis récents et les possibilités, et transforme des enjeux complexes en analyses claires et utiles. |
La croissance démographique du Canada est aujourd’hui presque entièrement attribuable à l’immigration. Cependant, les endroits où s’établissent les nouveaux arrivants ne sont pas nécessairement ceux où les besoins sont les plus grands.
Trois Canadiens sur quatre vivent dans l’une des 41 régions métropolitaines de recensement (RMR) du pays, et cette proportion augmente constamment. À l’opposé, les collectivités rurales et éloignées, qui génèrent encore environ le quart du PIB national et sur lesquelles reposent les secteurs de l’agriculture, de l’énergie et des ressources, sont confrontées au vieillissement de la population, à la diminution de l’assiette fiscale et à des pénuries persistantes de main-d’œuvre.
L’écart croissant entre les endroits où les immigrants s’installent et ceux où on a le plus besoin d’eux crée un déséquilibre territorial qui trouve son origine dans une longue évolution historique. À une autre époque, l’industrialisation attirait vers les villes tant la population née au pays que les nouveaux arrivants. Cette attraction a continué de s’accroître alors que la fécondité diminuait et que l’immigration devenait pratiquement la seule source de croissance démographique.
La présente note d’information soutient que ce déséquilibre territorial n’est pas causé par un manque d’attractivité, mais de rétention. Le Canada rural ne manque pas de nouveaux arrivants désireux de s’y installer. Ce sont les conditions qui les incitent à y demeurer qui font défaut.
Cette note se penche ainsi sur trois programmes fédéraux conçus, à tout le moins indirectement, pour réorienter l’établissement des immigrants vers de plus petites communautés. Le Programme des candidats des provinces (PCP) a haussé la probabilité que les nouveaux arrivants s’établissent hors des grandes villes, mais seulement environ 20 % de ceux reçus dans le cadre du PCP s’installent à long terme dans de petites communautés. Le Programme pilote d’immigration au Canada atlantique (PPICA) a donné de meilleurs résultats et fait grimper le taux de rétention en Nouvelle-Écosse à 71 % ; il est devenu une voie pour l’immigration permanente en 2021 sous le nom de Programme d’immigration au Canada atlantique (PICA). Le Programme pilote d’immigration dans les communautés rurales et du Nord (PPICRN) a fait encore mieux, puisque 93 % des participants sont restés dans leur collectivité d’accueil. Il a depuis donné naissance au Programme pilote d’immigration dans les communautés rurales (PPICR) et au Programme pilote d’immigration dans les communautés francophones (PPICF).
Des expériences ailleurs dans le monde offrent des leçons similaires en matière de rétention. En Australie, en Suède, au Japon et en Allemagne, les politiques qui se contentaient de rediriger les nouveaux arrivants vers des régions rurales ou éloignées les ont vus revenir en ville une fois les exigences échues. Qu’est-ce qui a distingué les cas où l’établissement en milieu rural s’est maintenu ? La présence d’emplois durables et bien adaptés, des mesures de soutien à l’intégration, des capacités suffisantes au sein des communautés, notamment sur les plans du logement et des services d’établissement, et des réseaux d’immigrants déjà établis, facilitant l’intégration des nouveaux arrivants.
Dans l’ensemble, ces constats suggèrent que le succès des programmes d’immigration rurale repose moins sur l’attraction d’un plus grand nombre d’immigrants en région que sur le développement de collectivités où ils voudront s’établir à long terme.
Pour remédier au déséquilibre territorial, cette note recommande d’agir sur trois axes :
- Poursuivre la décentralisation de la politique d’immigration, afin que les ordres de gouvernement qui connaissent le mieux les marchés du travail locaux et les besoins des collectivités soient impliqués dans le choix des personnes recrutées et de leur lieu d’accueil.
- Investir dans la préparation et l’inclusion comme fondement de la rétention (et pas seulement de l’attraction) sur les plans du logement, des services linguistiques, du transport, des soins de santé et des perspectives d’emploi, et ce, tant pour les nouveaux arrivants que pour les résidents de longue date.
- Améliorer la rapidité et la précision des données sur l’établissement des nouveaux arrivants, afin que les décideurs puissent savoir en temps quasi réel où les immigrants s’installent et s’ils y demeurent, et mesurer l’efficacité des programmes.
Pourquoi le Canada a besoin d’immigrants dans les régions rurales et éloignées
Le Canada se trouve à un tournant démographique et l’immigration représente sa meilleure planche de salut. Le faible taux de fécondité au pays, de 1,3 enfant par femme, signifie que nous comptons désormais sur l’immigration pour la quasi-totalité de notre croissance démographique. En 2024, le Canada a limité le nombre d’immigrants admis sur son territoire, ce qui contrastait fortement avec l’augmentation de l’immigration observée au cours des deux années précédentes. Néanmoins, si la population canadienne est restée stable depuis le début de l’année 2025, c’est grâce à l’immigration internationale, qui permet l’arrivée d’environ 100 000 personnes chaque trimestre. Ce phénomène n’est toutefois pas nouveau, puisque Statistique Canada (2024a) estimait en 2023 que 97,6 % de la croissance démographique provenait de l’immigration.
Pourtant, les retombées de l’immigration ne sont pas réparties également. La majorité des nouveaux arrivants s’installent dans les grands centres. Sauf exceptions, la plupart des régions plus petites et rurales sont confrontées au vieillissement de la population, au déclin économique et à une croissance démographique faible, voire nulle (IRPP, 2026).Environ le tiers des Canadiens vivent à Montréal, Toronto ou Vancouver, et 75 % d’entre eux habitent l’une des 41 régions métropolitaines de recensement du pays (Statistique Canada, 2025c).
Fait encore plus frappant : ces zones urbaines représentent moins de 2 % du territoire (Brown et al., 2025). Bien que la superficie du Canada en fasse le deuxième plus grand pays au monde après la Russie, sa population de 41 millions d’habitants lui confère l’une des densités de population les plus faibles, soit de 4,5 personnes par kilomètre carré. L’immensité du pays accentue les défis posés par les changements démographiques et le choix du lieu de résidence.
La forte concentration de la population dans les zones urbaines pose un problème majeur, car les régions rurales et éloignées demeurent essentielles à l’économie et à la durabilité environnementale du Canada, notamment en ce qui concerne la séquestration du carbone, l’agriculture régénérative et les infrastructures d’énergie renouvelable (Fondation canadienne pour la revitalisation rurale, 2024 ; Krawchenko, 2025 ; Pinchin, 2024). On accorde en outre peu d’attention au rôle crucial que jouent les paysages ruraux dans le bien-être général, peut-être parce que la recherche tend à montrer que les régions urbaines sont des creusets d’innovation, d’accumulation de richesse et de créativité et que, sans les villes, la plupart des biens et services dont nous profitons n’existeraient tout simplement pas (Glaeser, 2012).
Le Canada rural a besoin du Canada urbain, mais l’inverse est tout aussi vrai. Les régions rurales contribuent environ au quart du PIB du pays. Elles sont essentielles à des secteurs économiques clés, comme l’agriculture, l’énergie et l’exploitation des ressources naturelles (Innovation, Sciences et Développement économique Canada, s. d.). Elles fournissent également une grande partie de l’eau potable, de l’air pur et des aliments du pays.
Le déclin démographique des régions rurales pose problème de deux manières précises et importantes.
La première est l’apparition de graves pénuries de main-d’œuvre, les employeurs n’arrivant pas à trouver des travailleurs possédant les compétences requises. Ces pénuries découlent, d’une part, des difficultés à attirer de nouveaux arrivants, et, d’autre part, de l’exode continu depuis les petites collectivités, dont les habitants cherchent d’autres perspectives d’emploi, vers les villes. Ce phénomène limite conséquemment le bassin de personnes en région rurale capables de fournir des services qui sont essentiels à tous les Canadiens. Si la tendance n’est pas renversée, ce problème ne fera que s’aggraver.
Le deuxième aspect est la menace que les pénuries de main-d’œuvre entraînent pour la viabilité à long terme des régions, sur lesquelles le vieillissement de la population impose un fardeau accru qui se répercute autant dans les services publics que les infrastructures. Les soins de santé sont déjà limités dans les petites collectivités du pays. À mesure que la population de ces régions continue de vieillir, les soins deviennent à la fois plus essentiels et plus difficiles à obtenir. Les gouvernements doivent donc financer les services essentiels et investir dans les infrastructures et les services de proximité nécessaires pour attirer des travailleurs, tout en percevant moins d’impôt sur le revenu justement dans les régions où les besoins augmentent à mesure que leur population vieillit (Marre, 2020).
La présente note examine comment nous pouvons encourager les immigrants à s’installer dans des collectivités rurales ou éloignées, puis à y demeurer et prospérer. Elle rassemble des données historiques, des évaluations de programmes, des comparaisons internationales et des analyses démographiques afin de mieux comprendre ce qui fonctionne (et ce qui ne fonctionne pas) lorsqu’il s’agit d’encourager le flot d’immigration vers les régions du pays où le besoin de main-d’œuvre est le plus grand.
Le duo dynamique de la croissance économique et démographique au Canada
La répartition territoriale de la population d’un pays est intimement liée à sa composition économique et démographique. La structure agraire du Canada, du 18e siècle au début du 20e siècle, reposait sur des fermes familiales peu nombreuses, dispersées dans les campagnes.
Afin de maintenir et de favoriser cette distribution de la population ainsi que le système économique qu’elle soutenait, les politiques gouvernementales ont encouragé la croissance d’une population jeune et majoritairement peu qualifiée. La plus célèbre de ces initiatives fut la politique de la « porte ouverte » de Clifford Sifton, qui attira au Canada des centaines de milliers d’immigrants, pour la plupart des agriculteurs, à la recherche de lopins de terre gratuits, ou presque. M. Sifton, alors ministre fédéral de l’Intérieur, ciblait explicitement les colons dont « les ancêtres avaient été agriculteurs depuis dix générations » (Sifton, 1922, p. 16).
Grâce à des inventions allant des piles alcalines aux ampoules électriques, le Canada, et en particulier ses régions urbaines, a conçu et fabriqué de nombreuses merveilles du monde moderne. L’économie canadienne a changé tout au long du 20e siècle, se réorientant vers le secteur manufacturier avant de se développer dans des domaines tels que l’hébergement et la restauration ainsi que la prestation de services.
Pour s’adapter à la structure industrielle émergente du pays et à la montée de l’économie des services, les lieux de résidence et les modes de vie ont dû changer. La population s’est déplacée en masse, ce qui a créé de grandes agglomérations urbaines un peu partout dans le cœur industriel du pays. Les populations de Kitchener, de London, d’Ottawa et de Toronto ont plus que triplé entre 1951 et 2001. Dans chacun de ces cas, le principal moteur de la croissance démographique a été l’arrivée de gens provenant d’autres régions du pays et du monde, et dont plusieurs recherchaient les nouveaux emplois créés par l’industrialisation.
La transformation d’une société qui avait une vocation essentiellement agraire a poussé des centaines de milliers de personnes vers les villes. Nos calculs montrent que la grande majorité de la population adulte travaillait dans l’agriculture en 1901, contre seulement 3 % en 2021. Ainsi, l’industrialisation s’est accompagnée d’une nouvelle structure : l’industrie manufacturière nécessitait des zones urbaines denses, dotées d’un vaste bassin de main-d’œuvre affranchie de la terre et disponible pour de longs quarts de travail. La désindustrialisation qui a suivi a entraîné une prédominance des emplois dans des secteurs comme la finance, le commerce de détail et les soins de santé (Statistique Canada, s. d.). Les zones urbaines se sont développées, mais pas les zones rurales.
La réalité rurale au Canada
Malgré ces changements économiques et l’exode rural, les taux de natalité élevés ont permis à un nombre suffisant de jeunes de rester pour cultiver les terres. En effet, le taux de fécondité national était d’environ quatre enfants par femme en 1960 (Statistique Canada, 2024b). Cependant, ce même taux a chuté à 1,3 enfant par femme au cours des dernières décennies, ce qui est bien en deçà du taux de remplacement de 2,1. L’accroissement naturel de la population canadienne, défini comme l’excédent des naissances par rapport aux décès, demeure légèrement positif à l’échelle nationale (Statistique Canada, 2025c), mais il est devenu négatif dans la plupart des régions rurales. Ainsi, les changements économiques ont été accompagnés de changements démographiques spectaculaires.
Pourtant, la population du Canada reste stable. La récente croissance est presque entièrement attribuable à l’immigration. De plus, le lieu de résidence des immigrants a également évolué au fil du temps, passant des terres agricoles aux régions urbaines. En conséquence, de vastes régions rurales connaissent un vieillissement rapide de la population et, dans bien des endroits, un déclin démographique. Puisque les villes du pays ont plus que jamais besoin des régions rurales, il est encore plus préoccupant qu’un écart subsiste entre les endroits où vivent les immigrants et ceux où l’on a besoin d’eux.
La figure 1 illustre la différence marquée entre la répartition par catégorie d’âge dans les régions rurales et urbaines du Canada (Statistique Canada, 2026). Depuis les années 1960, les personnes vivant en milieu rural sont, en moyenne, plus âgées que celles vivant en ville.

Des données empiriques sur la rétention
Depuis le début des années 2000, entre 19 et 30 % des immigrants arrivant au Canada ont choisi de s’établir dans des collectivités de petite et moyenne taille. Cependant, bon nombre d’entre eux déménagent ensuite dans une grande ville, ce qui fait qu’environ 91 % de tous les immigrants finissent par se retrouver dans des zones urbaines plus densément peuplées (Patel et al., 2019).
La figure 2 montre que la population des régions rurales n’a augmenté que de 0,4 % entre les recensements de 2016 et 2021. C’est 15 fois plus lent que pour les régions urbaines, qui ont progressé de 6,3 % au cours de la même période (Statistique Canada, 2022b).

En bref, bien que la population augmente dans la plupart des collectivités, le rythme de cette croissance varie considérablement selon la taille de ces dernières. Deux raisons peuvent expliquer cette situation :
- Les différences dans les taux de fécondité (comme indiqué plus haut).
- Les écarts entre les taux d’arrivée et de départ selon le lieu de résidence, les résidents des petites collectivités ayant tendance à les quitter au fil du temps.
Des différences de fécondité
Une étude menée par l’Institut Vanier de la famille (Battams, 2025) révèle que, chez les femmes âgées de 15 à 44 ans, la fécondité dans les régions rurales du Canada est passée de 1,39 enfant par femme en 1990 à 1,52 en 2017. En revanche, le taux de fécondité dans les régions urbaines a diminué de 0,98 à 0,92 au cours de la même période (figure 3). Malgré des taux de fécondité plus élevés dans les collectivités rurales, l’afflux d’immigrants est insuffisant pour amener la croissance démographique au seuil de renouvellement naturel de 2,1 enfants par femme, nécessaire à la stabilité démographique.

Les mouvements migratoires entrants et sortants
Nos études récentes (Finlay et Haan, 2024, 2025) montrent que plus de 80 % des Canadiens résident en milieu urbain. Parmi les personnes incluses dans l’échantillon de l’étude, Finlay et Haan (2025) constatent que seulement 7 % d’entre elles ont quitté la ville pour s’installer dans des régions plus petites et plus rurales.
La plupart de ces personnes qui ont quitté les centres urbains pour s’installer en milieu rural sont nées au Canada, de race blanche et issues de la troisième génération ou plus. La grande majorité sont aussi âgées de 30 à 59 ans, mariées, sans enfants, résidant en Ontario ou au Québec, titulaires d’au moins un diplôme d’études collégiales ou secondaires, travaillant dans des secteurs comme la construction ou les soins de santé et l’aide sociale, ou sans emploi (figure 4). Les motivations qui poussent les gens à s’établir dans une région rurale sont diverses, le coût moins élevé du logement, les grands espaces et l’amélioration des services étant certainement parmi les plus fréquentes. Nos études suggèrent que le profil des résidents ruraux n’a pas beaucoup changé, même sur une période de 30 ans.

Parmi les immigrants qui se sont installés dans les régions rurales, plus de la moitié sont arrivés au Canada avant les années 2000. Une analyse plus approfondie confirme que, compte tenu des caractéristiques propres aux immigrants, la probabilité de vivre en milieu rural est plus faible chez les personnes racisées, les immigrants de première et de deuxième génération et ceux arrivés récemment. C’est particulièrement le cas pour les résidents non permanents et les réfugiés, suivis, par ordre décroissant de probabilité, par les immigrants économiques, ceux parrainés par la famille et ceux arrivés avant les années 1980.
Des comparaisons directes au fil du temps montrent également que, bien que la propension à vivre en milieu rural ait progressé de 35 % sur près de 30 ans, la population dans son ensemble était 90 % moins susceptible de résider dans ce milieu. En d’autres termes, bien que la population en milieu rural ait globalement augmenté, elle le fait à un rythme plus lent que celui de la population urbaine, étant donné que la croissance démographique est de plus en plus dépendante des immigrants. La probabilité de vivre en milieu rural a considérablement diminué au cours des années pour ce groupe. Ces dynamiques suggèrent une lacune des politiques publiques canadiennes en ce qui a trait à l’immigration et aux régions rurales.
Les freins à l’immigration en milieu rural
Les immigrants ont toujours manifesté une forte préférence pour les grandes villes plutôt que pour les collectivités rurales. Cette tendance reflète une combinaison de facteurs économiques, sociaux et institutionnels, puisque les grandes régions métropolitaines comme Toronto, Vancouver, Montréal et Calgary offrent toutes sortes d’avantages : des marchés du travail plus vastes et plus diversifiés, une meilleure adéquation entre l’offre et la demande d’emploi, une plus forte concentration de communautés de même origine ainsi qu’un meilleur accès aux services d’aide à l’installation, à la formation linguistique, au transport en commun et aux établissements d’enseignement (Butler, 2024). Ces facteurs réduisent les coûts et les risques associés à la migration tout en facilitant à la fois l’intégration au marché du travail et l’inclusion sociale. Le regroupement familial et les réseaux d’immigrants déjà établis renforcent encore davantage les tendances à s’établir en milieu urbain en fournissant aux nouveaux arrivants de l’information, de l’aide pour se loger et des contacts professionnels.
En revanche, de nombreuses collectivités rurales éprouvent des difficultés à attirer et à retenir les immigrants en raison de marchés du travail plus restreints, d’une offre moins étendue de services d’aide à l’installation, de transport en commun limité et de préoccupations liées à l’isolement culturel (Rishworth et al., 2022) (figure 5). Le Programme des candidats des provinces (PCP) et le Projet pilote d’immigration dans les communautés rurales et du Nord (PPICRN) montrent que des politiques d’immigration ciblées peuvent réussir à orienter les nouveaux arrivants vers de plus petites collectivités. Toutefois, la rétention à long terme demeure un défi, car les perspectives économiques et l’intégration sociale demeurent concentrées dans les plus grandes régions métropolitaines (Rowswell, 2021).

Comment attirer les immigrants dans les régions rurales
Nous ne pouvons pas simplement obliger les immigrants à vivre dans les régions rurales. La Charte canadienne des droits et libertés énonce explicitement que toute personne résidant au pays, sans égard à sa citoyenneté, a le droit de vivre à l’endroit de son choix. Et même si nous pouvions orienter de nombreux nouveaux immigrants vers ces régions rurales, ils pourraient déménager en ville peu de temps après. D’ailleurs, ils le font souvent.
Cela ne signifie pas que nous devrions baisser les bras et rédiger l’épitaphe des régions rurales du Canada. En effet, Ottawa a collaboré avec les provinces et les villes pour mettre sur pied plusieurs programmes novateurs visant à modifier le choix de résidence des nouveaux arrivants.
À cette fin, la plupart des programmes encourageant l’immigration rurale visent à retirer au gouvernement fédéral le contrôle des décisions d’admission. La raison derrière cet objectif est que les collectivités participant à ces programmes, de même que leurs marchés du travail et leurs services d’établissement, s’inscrivent dans des réalités locales. Conséquemment, ce sont les administrations locales qui devraient choisir les immigrants dont elles ont besoin.
Le Programme des candidats des provinces
La plus ancienne de ces initiatives est le Programme des candidats des provinces (PCP). Déployé d’abord en 1999 au Manitoba et à Terre-Neuve-et-Labrador, le PCP donne aux provinces le pouvoir de choisir leurs nouveaux immigrants. Le recrutement repose sur la contribution attendue des immigrants à l’économie locale grâce à leurs compétences, leur formation et leur expérience de travail.
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC — anciennement Citoyenneté et Immigration Canada) approuve généralement sans autre formalité les candidatures si des conditions supplémentaires sont remplies, comme l’absence de casier judiciaire et la réussite d’un examen médical. Au cours de la décennie qui a suivi sa mise en œuvre initiale, toutes les provinces à l’exception du Québec (qui disposait déjà de son propre programme d’immigration) ont adhéré au PCP, avec des variations quant aux exigences et au nombre annuel de candidatures admissibles (IRCC, s.d.-a).
Cela a-t-il fonctionné ? Le PCP n’a pas modifié de façon importante les flux d’immigrants vers les différentes provinces, mais il a considérablement accru la probabilité qu’un nouvel arrivant exprime son intention de s’établir à l’extérieur d’une grande ville (Haan, 2019). Dans sa propre évaluation du programme, IRCC (2017) conclut que celui-ci est un succès, citant des taux plus élevés d’emploi approprié, de revenus et de rétention pour les candidats du PCP par rapport à la plupart des autres avenues d’immigration.
Malgré ces résultats favorables, le PCP a aussi ses limites.
Premièrement, le programme s’adresse principalement aux personnes qui entrent au pays à titre d’étudiants, à celles ayant une expérience en affaires, ou aux travailleurs qualifiés ou semi-qualifiés. Cette orientation néglige une partie importante de la population immigrante qui ne correspond à aucune de ces catégories : les réfugiés, les immigrants issus du regroupement familial et les immigrants parrainés.
Deuxièmement, jusqu’à 80 % des personnes arrivant au pays dans le cadre du PCP s’installent dans l’une des grandes régions métropolitaines. Cela suggère que les programmes du PCP n’arrivent toujours pas à attirer les immigrants dans toutes les régions.
Les projets pilotes
Les régions moins urbanisées, comme les provinces de l’Atlantique, le Nord et les régions éloignées, ont besoin de programmes différents, car elles se situent hors des zones d’influence métropolitaine. Cela a mené à la mise en place du Programme pilote d’immigration au Canada Atlantique (PPICA) en 2017 et du Programme pilote d’immigration dans les communautés rurales et du Nord en 2019 (PPICRN) (IRCC, s. d.-b, s. d.-c). Ces deux initiatives offraient aux travailleurs étrangers qualifiés des voies d’accès, à condition qu’ils aient l’intention de travailler et de vivre dans les petites collectivités participant aux programmes.
Le Programme pilote d’immigration au Canada atlantique (désormais Programme d’immigration au Canada atlantique)
Le PPICA accordait la priorité aux besoins des employeurs, offrait un soutien accru à l’établissement des nouveaux arrivants et adoptait une approche collaborative entre les quatre provinces atlantiques. Il permettait aux employeurs de se concentrer sur des candidats qualifiés pour des postes que le bassin local de main-d’œuvre n’arrivait pas à pourvoir. Pour participer à ce programme, une personne devait avoir reçu une offre d’emploi d’un employeur du Canada atlantique et appartenir à l’un des deux groupes suivants : les nouveaux diplômés d’un établissement d’enseignement postsecondaire du Canada atlantique ou les travailleurs qualifiés.
L’accent mis sur les étudiants étrangers, contrairement à ce que l’on observe dans le cadre du PCP, a permis aux provinces atlantiques d’améliorer la rétention de ce groupe clé. Une autre différence majeure entre le PCP et le PPICA résidait dans le fait que ce dernier ciblait également les travailleurs étrangers temporaires résidant déjà dans ces régions et qui pouvaient souhaiter y demeurer si l’occasion se présentait.
La Nouvelle-Écosse a accueilli près de 4 500 nouveaux arrivants au cours du projet pilote, ce qui a porté le taux de rétention à 71 %, et le programme a été considéré comme une réussite (Gouvernement de la Nouvelle-Écosse, 2021). Le projet pilote est devenu une voie permanente en 2021 sous le nom de Programme d’immigration au Canada atlantique (PICA), et les quatre provinces concernées lui attribuent leurs taux d’immigration historiquement élevés.
Bien que ni le PCP ni le PICA ne se concentrent explicitement sur l’immigration rurale, ils la facilitent tous deux à différents degrés.
Le Projet pilote d’immigration dans les communautés rurales et du Nord
Le PPICRN a été le premier à mettre explicitement l’accent sur la nécessité de peupler les régions rurales. Dans le cadre de cette initiative, 11 collectivités de toutes les régions du Canada ont été choisies pour un projet pilote de 5 ans débutant en 2019. Ces collectivités ont facilité l’accès à la résidence permanente pour les travailleurs étrangers qualifiés et disposés à vivre dans l’un des endroits choisis. Le projet pilote a pris fin le 31 août 2024.
Les premiers résultats ont indiqué une amélioration du recrutement et de la rétention des immigrants dans plusieurs des collectivités participantes : environ 93 % des personnes arrivées au pays dans le cadre du projet pilote sont restées dans les collectivités où elles s’étaient établies (Singer, 2023).
Le PPICRN a aussi préparé le terrain pour une nouvelle série de projets pilotes lancés en 2025 : le Projet pilote d’immigration dans les collectivités rurales (PPICR) et le Projet pilote d’immigration dans les communautés francophones (PPICF) (IRCC, 2025). Grâce à ces programmes, 18 collectivités choisies, dont plusieurs avaient participé au projet pilote original, peuvent ainsi renforcer leur économie en offrant des voies d’accès à la population immigrante du pays.
Les forces et les lacunes
Dans l’ensemble, le succès du recrutement et de la rétention des nouveaux arrivants au Canada repose sur la préparation et l’inclusivité. Le PICA, le PPICR et le PPICF offrent tous un parcours distinct aux immigrants, tout en mettant l’accent sur les besoins particuliers des régions qu’ils desservent. À ce titre, ils attirent des candidatures bénéfiques pour les économies locales.
Il subsiste toutefois une lacune qui mérite notre attention, soit celle des immigrants qui ne sont ni des étudiants ni des travailleurs qualifiés. De nombreuses personnes immigrent au Canada, et toutes ne correspondent pas parfaitement aux cases à cocher pour satisfaire aux exigences des programmes. On doit notamment accorder plus d’attention aux immigrants qui, même s’ils ne détiennent pas de compétences particulières attestées, sont prêts à s’installer et à travailler dans les communautés qui ont besoin d’eux.
Les leçons internationales sur la rétention des immigrants en milieu rural
Les résultats mitigés des initiatives d’immigration régionale du Canada mettent en relief un enseignement central de la présente note : attirer des immigrants dans les régions rurales est à la fois nécessaire et insuffisant pour assurer la viabilité démographique à long terme. Afin de mieux comprendre comment la conception des politiques peut favoriser la rétention plutôt que l’établissement temporaire, cette section s’appuie sur des données internationales provenant de pays aux prises avec des pressions démographiques similaires.
Des pays comme l’Australie, la Suède, le Japon et l’Allemagne, confrontés au vieillissement de la population, à une faible fécondité et à un déséquilibre territorial, ont expérimenté une variété de stratégies d’immigration régionale, et ils ont obtenu des résultats inégaux. Ces expériences internationales mettent en évidence autant les limites des politiques axées sur l’attraction que les conditions qui favorisent l’établissement en milieu rural, ce qui offre des leçons pour les politiques d’immigration canadiennes.
Leçon 1 : Orienter l’établissement des immigrants sans offrir de perspectives économiques durables entraîne un faible taux de rétention
Les données internationales montrent systématiquement qu’une installation initiale dans les régions rurales ne suffit pas à garantir l’enracinement à long terme.
Par exemple, l’Australie et la Suède ont réorienté les flux d’immigration loin des grandes villes grâce à des programmes ciblant les régions, dont l’esprit est semblable à celui du PCP ou du PPICRN. La Suède est allée plus loin en attribuant aux réfugiés des logements dans de petites municipalités.
Cependant, la rétention a été limitée, car de nombreux migrants se sont réinstallés dans les régions métropolitaines une fois les exigences initiales satisfaites ou la période d’aide au logement terminée (Argent et al., 2024). En Suède, environ 82 % des nouveaux arrivants finissent par habiter les régions métropolitaines, ce qui reflète la concentration persistante des perspectives d’emploi dans les grandes villes (Vogiazides et Mondani, 2021). Ces exemples soulignent que, sans un emploi stable et bien adapté, les politiques d’établissement en région rurale ont tendance à retarder, plutôt qu’à empêcher, la migration vers les centres urbains.
Leçon 2 : L’adéquation de l’emploi et l’engagement des employeurs sont essentiels à la rétention
Partout, la rétention est la plus forte lorsque les immigrants se présentent avec des parcours d’emploi clairs qui répondent aux besoins du marché du travail local. Les programmes qui accordent la priorité à l’adéquation entre l’offre et la demande d’emploi, en particulier ceux qui font appel aux employeurs locaux, sont plus susceptibles de favoriser une installation durable que ceux qui se concentrent uniquement sur la redistribution géographique des immigrants.
Ce constat appuie les données canadiennes selon lesquelles les approches axées sur les employeurs, comme celles intégrées aux projets pilotes pour l’Atlantique (PPICA) et les communautés rurales et le Nord (PPICRN), sont plus efficaces que les exigences fondées uniquement sur le lieu d’établissement des immigrants.
Leçon 3 : La migration temporaire sans parcours d’intégration compromet la viabilité à long terme
L’expérience du Japon illustre les risques de s’appuyer fortement sur la migration temporaire pour soutenir les économies rurales. Les efforts de revitalisation rurale y ont reposé en grande partie sur des programmes de main-d’œuvre à court terme dans l’agriculture et les soins aux aînés, offrant peu de perspectives d’obtenir la résidence permanente. Par conséquent, les travailleurs étrangers dans les régions rurales du Japon sont souvent confrontés à l’isolement social, à des barrières linguistiques et à une mobilité restreinte, ce qui entraîne un roulement élevé et limite l’intégration dans les communautés (Hof et al., 2021). Le cas du Japon souligne l’importance de voies d’établissement permanentes ou à long terme pour que l’immigration rurale contribue véritablement au renouveau démographique.
Leçon 4 : Les liens sociaux et les capacités des communautés influencent la réussite de l’établissement
L’expérience de l’Allemagne montre que l’établissement des immigrants est influencé autant par le contexte social que par la densité de population. Les efforts visant à amener des réfugiés et des migrants économiques à s’installer dans les régions rurales se sont souvent heurtés à l’absence de réseaux d’immigrants de même origine. La présence de ces réseaux est un facteur prédictif plus fort de l’établissement et de la rétention que la seule localisation géographique (Heider et al., 2020).
La Suède présente une dynamique semblable. La rareté des services sociaux et la faible intégration communautaire ont contribué à des migrations ultérieures.
Ces constats soulignent l’importance de la capacité d’accueil des communautés, notamment l’accès au logement, aux services d’établissement, aux infrastructures culturelles et aux réseaux ethnoculturels, pour soutenir l’immigration en milieu rural.
Les implications pour le Canada
Dans l’ensemble, l’expérience internationale montre que l’attraction à elle seule ne suffit pas. Les politiques régionales d’immigration sont plus efficaces lorsqu’elles combinent l’adéquation de l’offre d’emploi, les mesures de soutien à l’intégration et des parcours d’établissement à long terme au sein de collectivités qui ont la capacité d’accueillir et de soutenir les nouveaux arrivants.
Ces enseignements confirment la pertinence de l’orientation prise par le Canada vers des programmes axés sur les collectivités, comme le PCP, le PPICA (devenu aujourd’hui le PICA) et le PPICRN, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les investissements dans les infrastructures favorisant l’établissement en milieu rural, l’engagement des employeurs et l’intégration sociale.
La municipalité de Neepawa, au Manitoba, illustre bien l’approche axée sur la communauté. La croissance, tirée par l’immigration, est étroitement liée à la demande locale de main-d’œuvre, en particulier aux emplois chez HyLife, une entreprise de transformation alimentaire. De leur côté, les services d’établissement des immigrants de la région de Neepawa offrent aux nouveaux arrivants et à leurs familles de la formation linguistique, de l’aide à l’emploi, de l’orientation, des services de référence et du soutien pour s’intégrer à la communauté. Tous ces efforts ont aidé Neepawa à aller au-delà du simple recrutement de travailleurs et permis de mettre en place les infrastructures institutionnelles et sociales nécessaires à l’installation et l’intégration à long terme (IRPP, 2026 ; Kemp, 2025).
Renforcer la préparation et l’inclusion
En fin de compte, le succès de ces programmes dépend non seulement de la capacité à attirer des immigrants dans les régions rurales, mais aussi du développement de collectivités solides et inclusives, où les nouveaux arrivants et les résidents de longue date se sentent appuyés. Cela signifie qu’il faut non seulement investir dans les voies d’accès à l’immigration, mais aussi élargir l’accès à du logement abordable, des services linguistiques, du transport, des soins de santé, de l’éducation et des perspectives d’emploi. Cela signifie également fournir des ressources aux collectivités rurales afin qu’elles soient outillées pour accueillir et intégrer les nouveaux arrivants, plutôt que de leur demander d’en faire davantage avec moins de ressources.
Un tel processus prend du temps. Il doit s’inscrire dans la durée, en particulier grâce à :
- Des initiatives en matière de logement visant à garantir l’abordabilité et la qualité de vie.
- Des perspectives d’emploi, non seulement pour les nouveaux arrivants, mais aussi pour les résidents actuels, qui peuvent occuper dans la communauté les rôles essentiels à une intégration réussie.
- Des moyens de transport et des services qui s’étendent au-delà des zones urbaines.
Mesurer le succès
L’évaluation de l’efficacité de politiques régionales en matière d’immigration reste difficile. Au Canada, certaines des sources de données les plus complètes affichent un retard de plusieurs années par rapport à l’évolution actuelle des politiques. Par exemple, les dernières données de recensement sont celles de 2021, et la Base de données longitudinale sur l’immigration la plus récente s’arrête à 2023. Cela limite l’aptitude des chercheurs et des décideurs à évaluer en temps réel les changements récents apportés aux programmes. Compte tenu du rythme des innovations en matière de politiques publiques, il est essentiel d’améliorer la capacité du gouvernement canadien à évaluer en temps réel la dynamique démographique, et ce, autant pour prendre des décisions fondées sur des données probantes que pour concevoir des politiques souples et évolutives.
Une approche globale pour stimuler l’immigration en milieu rural
Le déséquilibre géographique qui affecte la répartition de la population canadienne n’est pas un phénomène nouveau, mais il devient de plus en plus pressant de s’en occuper. Les régions rurales ont toujours joué un rôle vital dans l’économie du pays, ses systèmes alimentaires et la durabilité environnementale. Cependant, leur capacité à prospérer est aujourd’hui menacée par le déclin démographique, le vieillissement de la population et une immigration limitée. Pendant ce temps, la majeure partie des nouveaux arrivants continue d’affluer vers nos plus grandes villes, où l’accessibilité au logement, la congestion routière et la saturation du marché du travail sont des préoccupations croissantes.
La bonne nouvelle est que ce défi n’est pas insurmontable. Des programmes comme ceux élaborés au Canada pour les provinces, la région de l’Atlantique, le Nord et les communautés rurales ont réorienté le débat et, dans certains cas, les habitudes d’établissement des nouveaux arrivants. Cependant, ces initiatives ont donné des résultats mitigés. Pendant que certaines régions profitaient d’une croissance démographique et d’une meilleure rétention, d’autres ont eu du mal à offrir un soutien à long terme pour aider les immigrants à s’enraciner et prospérer.
Nos recommandations générales portent sur trois axes. Premièrement, nous appuyons la poursuite de la décentralisation de la politique d’immigration. Une connaissance approfondie des enjeux locaux est nécessaire afin de s’assurer que le pays dans son ensemble profite pleinement de l’immigration. Deuxièmement, la préparation et l’inclusion sont essentielles non seulement pour attirer les immigrants, mais aussi pour les retenir. Savoir ce que les nouveaux arrivants apprécient dans une région, ou ce que l’on doit mettre en place pour les aider à se sentir chez eux, est essentiel pour favoriser l’enracinement à long terme. Troisièmement, la capacité d’évaluer l’efficacité d’une politique ou d’un programme est étroitement liée à la disponibilité de données exactes et à jour sur le lieu d’établissement des immigrants, leur situation et leur désir d’y rester.
Encourager les immigrants à s’établir dans les régions rurales du Canada n’est qu’une première étape. Le vrai travail consiste à créer les conditions qui leur permettront de rester dans les communautés, et à aider celles-ci à s’adapter.
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Cette note d’information a été publiée dans le cadre de la série L’évolution du paysage migratoire canadien du Centre d’excellence sur la fédération canadienne. La correction d’épreuves a été assurée par Anne-Laure Brun, la coordination éditoriale par Étienne Tremblay, la production par Chantal Létourneau et la direction artistique par Anne Tremblay.
La version originale de ce texte est parue sous le titre Beyond Big Cities: How to Encourage Immigrants to Settle in Rural and Remote Areas. Patrick Déry en a assuré la traduction.
L’évolution du paysage migratoire canadien est un partenariat entre le Centre d’excellence sur la fédération canadienne de l’IRPP, l’Institut de recherche sur les migrations et la société (IRMS) de l’Université Concordia et le Centre for Migration Studies de l’Université de la Colombie-Britannique (CMS). Toutes les publications dans cette série sont réalisées sous la direction de Charles Breton, directeur du Centre d’excellence sur la fédération canadienne, Mireille Paquet, directrice de l’IRMS, et Irene Bloemraad, codirectrice du CMS.
Michael Haan est professeur à l’Université Western. Ses travaux de recherche se situent à la croisée de la démographie, de l’établissement des immigrants, de l’intégration au marché du travail et du développement de données. Il est régulièrement sollicité par les administrations municipales, provinciales et le gouvernement fédéral pour des conseils stratégiques dans les domaines de l’immigration, des services d’établissement, du marché du travail canadien et du vieillissement de la population.
Lindsay Finlay est étudiante à la maîtrise au Département de sociologie de l’Université Western. Ses domaines de recherche portent notamment sur le Canada rural, les migrations, l’établissement des immigrants, le logement et les méthodes quantitatives.
Taylor Paul est doctorante au Département de sociologie de l’Université Western, où elle se spécialise en migration et en relations ethniques. Ses recherches s’intéressent aux inégalités dans le marché du travail et en éducation, à l’intégration des immigrants ainsi qu’aux interactions entre la race, le genre et la sexualité. Elle effectue aussi de la recherche appliquée en politiques publiques pour des organismes fédéraux et du secteur public, afin de soutenir l’élaboration de stratégies fondées sur des données probantes visant à renforcer le développement de la main-d’œuvre dans les métiers spécialisés.
Pour citer ce document :
Haan, M., Finlay, L. et Paul, T. (2026). Au-delà des grandes villes : encourager les immigrants à s’établir dans les régions rurales et éloignées. Institut de recherche en politiques publiques. https://doi.org/10.26070/xnfn-xt66



